Le stationnement très gênant est l’une des catégories d’infractions au stationnement les plus fréquemment verbalisées en France, avec une amende forfaitaire de 135 euros et un risque réel de mise en fourrière immédiate. Contrairement au simple stationnement gênant, cette qualification juridique précise vise des situations où le véhicule mal garé bloque réellement la circulation, l’accès des secours ou la sécurité des piétons. Comprendre ce qui distingue un stationnement gênant d’un stationnement très gênant selon la définition légale permet d’éviter une contravention coûteuse, mais aussi de comprendre pourquoi certains emplacements sont marqués de façon si stricte au sol.
Le saviez-vous ? Selon les données publiées par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI), les infractions de stationnement gênant et très gênant représentent chaque année plusieurs millions d’avis de paiement en France, la majorité concentrée dans les grandes agglomérations où l’espace public est le plus disputé.
Qu’est-ce que le stationnement très gênant ?
Le stationnement très gênant est défini par l’article R417-10 du Code de la route. Il regroupe une liste limitative de situations dans lesquelles un véhicule stationné constitue une gêne significative pour la circulation, les piétons, les personnes à mobilité réduite ou les services de secours. À la différence du stationnement gênant « simple » (article R417-11, contravention de 2e classe), le stationnement très gênant est une contravention de 4e classe, nettement plus sévère financièrement.
La liste des cas visés par l’article R417-10 est précise et ne laisse pas de place à l’interprétation : stationnement sur un passage piéton, sur une piste ou bande cyclable, devant une entrée carrossable d’immeuble, sur un emplacement réservé aux personnes handicapées, en double file, sur un trottoir gênant le passage des piétons, ou encore sur les emplacements réservés aux véhicules de secours et de transport public.
À retenir : Le stationnement très gênant se distingue du stationnement gênant classique par une liste fermée de situations prévues par l’article R417-10 du Code de la route, et par une amende deux fois plus élevée (135 € contre 35 €).
Stationnement gênant, très gênant, dangereux : quelles différences ?
Le Code de la route distingue trois niveaux de gravité pour les infractions de stationnement, chacun correspondant à un article et une amende différente. Cette gradation reflète le niveau de risque créé pour les usagers de la voie publique. Beaucoup d’automobilistes confondent ces catégories, ce qui explique le nombre élevé de contestations déposées chaque année auprès de l’ANTAI pour amende de stationnement interdit.
| Catégorie | Article du Code de la route | Amende forfaitaire | Exemple type |
|---|---|---|---|
| Stationnement gênant | R417-11 | 35 € (2e classe) | Hors des emplacements matérialisés |
| Stationnement très gênant | R417-10 | 135 € (4e classe) | Sur passage piéton, place PMR, piste cyclable |
| Stationnement dangereux | R417-9 | 135 € + retrait possible de points | Sortie de virage, sommet de côte, proximité passage à niveau |
Le stationnement dangereux reste la catégorie la plus sévère car elle vise des situations où le véhicule crée un risque direct d’accident, tandis que le stationnement très gênant sanctionne surtout l’atteinte à l’accessibilité et à la fluidité de la voie publique.

La liste complète des situations classées « très gênantes »
L’article R417-10 énumère de façon exhaustive les situations concernées. Un véhicule est en stationnement très gênant lorsqu’il est stationné :
- Sur les trottoirs, accotements ou zones réservées à la circulation des piétons ;
- Sur les passages piétons et sur une distance de 5 mètres en amont dans le sens de la circulation ;
- Sur les pistes cyclables et les bandes cyclables ;
- Sur les emplacements réservés aux personnes handicapées ;
- Devant les entrées carrossables des immeubles riverains ;
- Sur les emplacements réservés aux véhicules de transport public ou aux taxis ;
- En double file, y compris temporairement ;
- Sur les emplacements réservés aux véhicules d’approvisionnement ou de livraison ;
- Au droit des bouches d’incendie et des sorties de secours.
💡 Astuce : En cas de doute sur la nature d’un emplacement, vérifiez systématiquement le marquage au sol : une place PMR normée comporte toujours le pictogramme fauteuil roulant peint en blanc sur fond bleu, conforme à la norme NF P98-350, ce qui écarte toute ambiguïté.
Montant de l’amende et procédure de paiement
L’amende forfaitaire pour stationnement très gênant s’élève à 135 euros. Ce montant peut être minoré à 90 euros si le règlement intervient dans les 15 jours suivant la constatation (ou 20 jours pour un paiement par timbre-amende envoyé par voie postale). À l’inverse, l’absence de paiement dans les 45 jours entraîne une majoration à 375 euros, l’amende devenant alors une amende forfaitaire majorée recouvrée par le Trésor public.
Le paiement s’effectue en ligne sur le site de l’ANTAI (amendes.gouv.fr), par application mobile, par téléphone ou par courrier. Le numéro d’avis de contravention et le numéro de télépaiement figurant sur l’avis sont indispensables pour régler l’amende sans erreur.
⚠ Attention : Certaines situations de stationnement très gênant (piste cyclable, place PMR, entrée carrossable, double file) autorisent la mise en fourrière immédiate du véhicule par les forces de l’ordre, indépendamment du paiement de l’amende. Les frais d’enlèvement et de garde s’ajoutent alors à la contravention.
Comment contester une amende pour stationnement très gênant
La contestation d’un forfait post-stationnement ou d’une amende pour stationnement très gênant doit être déposée dans un délai de 45 jours à compter de l’envoi de l’avis. Elle se fait exclusivement en ligne via le site de l’ANTAI ou par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à l’officier du ministère public compétent.
Pour être recevable, la contestation doit être motivée et accompagnée de pièces justificatives : photographies du lieu et du véhicule au moment des faits, attestation de panne ou d’avarie, témoignages, ou preuve d’une erreur d’identification de plaque. Une copie de la carte grise et du permis de conduire est également exigée. Le forfait post-stationnement majoré obéit à une procédure de recours administratif préalable (RAPO) distincte de la contestation classique d’amende forfaitaire, avec ses propres délais.

Stationnement très gênant en zone bleue et zone réglementée
Le stationnement très gênant peut se cumuler avec d’autres infractions, notamment en zone bleue soumise à disque de stationnement. Un véhicule stationné au-delà de la durée autorisée n’est en principe qu’en stationnement gênant simple, mais s’il empiète en plus sur un passage piéton ou une place réservée, la qualification la plus sévère s’applique. Il en va de même dans les zones à stationnement payant : le défaut de paiement du forfait post-stationnement est indépendant de la qualification « très gênant », qui dépend uniquement de l’emplacement occupé.
| Situation | Qualification | Risque associé |
|---|---|---|
| Dépassement de la durée en zone bleue | Stationnement gênant (ou FPS en zone payante) | 35 € ou forfait post-stationnement local |
| Stationnement sur place PMR non détenteur de la carte CMI | Très gênant | 135 € + fourrière possible |
| Stationnement en double file en zone bleue | Très gênant | 135 € + fourrière possible |
Cas des parkings privés, copropriétés et zones d’activité
Sur le domaine privé (parking d’entreprise, copropriété, zone commerciale), l’article R417-10 du Code de la route ne s’applique pas directement puisqu’il vise le domaine public. Toutefois, la plupart des règlements intérieurs de copropriété et arrêtés de circulation internes aux zones d’activité reprennent des règles équivalentes pour les places PMR, les zones de livraison et les voies pompiers, avec des sanctions contractuelles (mise en fourrière privée, pénalités) plutôt que pénales.
Pour les gestionnaires de parkings privés ou de collectivités, l’enjeu principal n’est pas la sanction mais la prévention : un marquage au sol clair des places en bataille ou en épi réduit mécaniquement les stationnements gênants involontaires. Une étude de terrain menée régulièrement sur les parcs de stationnement montre que la majorité des occupations irrégulières de places PMR ou de zones de circulation proviennent d’un marquage effacé ou ambigu, et non d’une intention délibérée de l’automobiliste.

Le saviez-vous ? La norme NF P98-350 impose des dimensions et un code couleur précis pour les places PMR (bleu et blanc, pictogramme normé), une non-conformité du marquage pouvant être retenue comme argument de contestation par l’automobiliste verbalisé sur le domaine privé assimilé à la voie publique.
Prévenir le stationnement très gênant par un marquage au sol conforme
Pour les collectivités et les gestionnaires de voirie, la meilleure réponse au stationnement très gênant récurrent n’est pas uniquement répressive : elle passe par un marquage au sol clair, visible et entretenu. Un passage piéton bien rafraîchi, une bande cyclable continue et des zébras d’interdiction correctement tracés réduisent fortement les infractions par méconnaissance, tout en facilitant le travail de verbalisation lorsqu’elle reste nécessaire.
Le marquage des zones de livraison et des zones de circulation en entrepôt ou zone d’activité obéit aux mêmes principes que la voirie publique : couleurs normées, largeur de bande réglementaire et renouvellement périodique de la peinture. Un diagnostic de signalisation horizontale conforme au Code de la route permet d’anticiper les zones à risque avant qu’elles ne génèrent des amendes en série pour les usagers, et des réclamations pour la collectivité.
À retenir : Un marquage au sol normé et entretenu reste le moyen le plus efficace de réduire durablement le nombre de stationnements très gênants constatés sur un site, avant même de renforcer la verbalisation.
Foire aux questions sur le stationnement très gênant
Quelle est l'amende pour un stationnement très gênant en 2026 ?
Quelle différence entre stationnement gênant et très gênant ?
Peut-on contester une amende pour stationnement très gênant ?
Le stationnement très gênant entraîne-t-il un retrait de points ?
Un stationnement très gênant peut-il entraîner une mise en fourrière ?
Comment une collectivité peut-elle réduire les stationnements très gênants récurrents ?
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Article rédigé par la rédaction de Marquage au Sol Stationnement — mis à jour le 3 juillet 2026.